{"id":10725,"date":"2020-10-14T01:02:09","date_gmt":"2020-10-14T01:02:09","guid":{"rendered":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/?p=10725"},"modified":"2020-10-04T20:42:05","modified_gmt":"2020-10-04T20:42:05","slug":"la-princesse-de-cleves-rencontre-avec-le-duc-de-nemours-texte","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/2020\/10\/14\/la-princesse-de-cleves-rencontre-avec-le-duc-de-nemours-texte\/","title":{"rendered":"La Princesse De Cl\u00e8ves Rencontre Avec Le Duc De Nemours Texte"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pileface.com\/sollers\/IMG\/jpg_photo-28876-17802-p1170594.jpg\" alt=\"la princesse de cl\u00e8ves rencontre avec le duc de nemours texte\" align=\"center\"> Mme de Lafayette \u00e9crit au moment o\u00f9 un si\u00e8cle de tension entre lEglise et lEtat sach\u00e8ve par laffirmation de la l\u00e9gitimit\u00e9 dun certain contr\u00f4le des mariages, s\u00e9minaires de lEtat, par la puissance s\u00e9culi\u00e8re., comme les auteurs classiques de th\u00e9\u00e2tre, refuse l\u00e9l\u00e9ment r\u00e9aliste. Par exemple, elle ne laisse jamais mourir ses personnages sur la sc\u00e8ne. La Princesse de Montpensier suivi de La Comtesse de Tende Le personnage de Roman est donc un mod\u00e8le social \u00e0 suivre.  Selon Du Plaisir ibid, p. 44, le surgissement des nouveaux romans sexplique en partie par le fait quils correspondent mieux au caract\u00e8re national des Fran\u00e7ais que les genres litt\u00e9raires ant\u00e9rieurs :.. Cest depuis peu seulement quon a invent\u00e9 les nouvelles. Cette derni\u00e8re esp\u00e8ce est principalement tr\u00e8s convenable \u00e0 lhumeur prompte et vive de notre Nation. Nous ha\u00efssons tout ce qui soppose \u00e0 notre curiosit\u00e9. Il \u00e9tait difficile de n\u00eatre pas surprise de le voir quand on ne lavait jamais vu.-grand bruit l3 coup de th\u00e9\u00e2tre, M de Nemours rentre, cest lirruption de la passion dans la vie de la princesse de Cl\u00e8ves sorte de 3 coups de th\u00e9\u00e2tre. Ce prince est donc une personne dimportance, on lui fait place. Lauteur veut attirer lattention sur les d\u00e9sordres de lamour. Elle situe son roman dans le temps et peint les m\u0153urs de cette \u00e9poque. Elle fait revivre des figures historiques Henri II, Catherine de M\u00e9dicis. 85 PdC, 319. Elle revient \u00e0 cette perspective, croyant que M. De Cl\u00e8ves na pas gard\u00e9 laveu pour soi Premier roman danalyse des c\u0153urs, La Princesse de Cl\u00e8ves, paru en 1678, se veut avant tout le r\u00e9cit dune lutte int\u00e9rieure, celle de Mme de Cl\u00e8ves, contre la passion quelle \u00e9prouve pour le duc de Nemours. Une situation commune aux femmes vertueuses de tous les temps, aimant dans le secret de leur c\u0153ur et qui resterait banale si, magnifi\u00e9e par la fiction romanesque, elle nen devenait la quintessence et le mod\u00e8le oblig\u00e9. Mari\u00e9e, \u00e9lev\u00e9e par sa m\u00e8re dans la dignit\u00e9 et la vertu jans\u00e9niste mais aussi, selon une \u00e9trange modernit\u00e9, dans la connaissance des dangers de lattachement sentimental hors-mariage, elle succombe n\u00e9anmoins \u00e0 la surprise de lamour. Cependant en cette fin du XVII e si\u00e8cle, le libertinage galant de Marivaux nest pas encore n\u00e9 et le sentiment amoureux se doit d\u00eatre tragique, \u00e0 limage du th\u00e9\u00e2tre corn\u00e9lien. Dans les limbes aussi, le path\u00e9tique de Manon Lescaut dont lauteur, labb\u00e9 Pr\u00e9vost, reprochera \u00e0 louvrage de Mme de La Fayette son r\u00e9alisme insuffisant. Par ailleurs, l\u00e9poque continue \u00e0 se ressentir de la pr\u00e9ciosit\u00e9, dans le meilleur sens du terme : raffinement et d\u00e9licatesse pr\u00e9sident aux destin\u00e9es amoureuses d\u00e9finies par la de Mlle de Scud\u00e9ry. Lamour se pr\u00e9sente comme un long voyage dans une contr\u00e9e dangereuse o\u00f9 la prudence est de mise. La casuistique amoureuse prend maintes formes langagi\u00e8res et peut se modeler sur ces danses de cour distantes et hi\u00e9ratiques du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent, o\u00f9 Mme de La Fayette situe son roman. Mais le lecteur averti ne sy trompe pas : la princesse de Cl\u00e8ves est un personnage de l\u00e9poque dite classique o\u00f9 lauteur, en toute impunit\u00e9 puisque louvrage reste anonyme, se livre \u00e0 des r\u00e9flexions sur le bonheur et surtout le malheur daimer : les rigueurs de lamour, tel pourrait \u00eatre le sous-titre de louvrage. Qui dit rigueur, dit noblesse et honneur, retenue, d\u00e9cence et discr\u00e9tion, conform\u00e9ment \u00e0 lid\u00e9al f\u00e9minin du temps, une force de r\u00e9sistance puis\u00e9e dans la solitude, le silence qui cache bien des sentiments passionn\u00e9s et path\u00e9tiques et le secret, en opposition totale aux bavardages mondains des salons pr\u00e9cieux que conna\u00eet fort bien Mme de La Fayette. La princesse de Cl\u00e8ves fr\u00e9quente la cour, o\u00f9 elle est admise aupr\u00e8s de la princesse Dauphine, tout comme Mme de La Fayette, dame dhonneur dHenriette dAngleterre. Lauteur nignore donc pas les codes de ces deux univers : d\u00e9bats de casuistique amoureuse dune part, \u00e9tiquette curiale dautre part ; mais, au-del\u00e0 des r\u00e8gles et des convenances, bat le c\u0153ur des femmes. Riche de ces savoirs, lauteur infuse \u00e0 son h\u00e9ro\u00efne leur complexit\u00e9 et leurs contradictions, la mettant en sc\u00e8ne de diverses mani\u00e8res : \u00e9changes de convenance, parole monologique dun discours int\u00e9rieur forme privil\u00e9gi\u00e9e du r\u00e9cit romanesque, et aveux irr\u00e9pressibles dautant plus violents quils furent longtemps r\u00e9prim\u00e9s. Le silence m\u00e9taphorique de la campagne de Coulommiers, sopposant aux tumultes de la cour, am\u00e8ne celui de lultime renoncement et du silence d\u00e9finitif qui \u00e9quivaut \u00e0 la mort au monde et \u00e0 son propre an\u00e9antissement. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/1er-acte.chez-alice.fr\/julienR.jpg\" alt=\"la princesse de cl\u00e8ves rencontre avec le duc de nemours texte\" align=\"center\"> en ceci que le prince de Cl\u00e8ves meurt pr\u00e9matur\u00e9ment. Mme de LaFayette appartient par son mariage \u00e0 la haute noblesse. Sans faire partie de la cour, elle la fr\u00e9quente amiti\u00e9 avec Henriette DAnglette, belle soeur du roi et lobserve. Proche des mouvements des, elle a \u00e9crit un roman et une nouvelle La Princesse de Montpensier lorsquelle publie, toujours anonymement La. Ni nouvelle galante, ni roman pr\u00e9cieux, quoiquayant des traits de lun et lautre, ce r\u00e9cit quon consid\u00e8re comme le premier psychologique connait un succ\u00e9s exceptionnel. Mme Tournon joue la veuve \u00e9plor\u00e9e, mais secr\u00e8tement entretient une relation galante avec Sancerre. R\u00e9cit ench\u00e2ss\u00e9 sur la jalousie du roi vis-\u00e0-vis de sa ma\u00eetresse, Mme de Valentinois \u00e9pisode de la bague. Ce secret est confi\u00e9 par le Prince de Cl\u00e8ves \u00e0 Sancerre et r\u00e9p\u00e9t\u00e9 par lui \u00e0 Mme de Tournon, ce que Cl\u00e8ves d\u00e9couvre il d\u00e9couvre ainsi leur relation M. De Cl\u00e8ves conseille Sancerre, qui craint que Mme de Tournon ne s\u00e9loigne de lui \u00e0 la faveur dun autre amant ce qui est le cas, on le saura bient\u00f4t. Mort de Mme de Tournon, affliction de Sancerre qui veut mourir pour la suivre. Il ignore \u00e0 ce moment-l\u00e0 quelle avait un autre amant, M. DEstouteville qui est na\u00efvement tout venu avouer a Sancerre quiproquo. Il lui donne des lettres qui prouvent son infid\u00e9lit\u00e9. S\u00e9lectionnez successivement un the\u0300me puis des sous-the\u0300mes et faites appara\u00eetre rapidement une liste darticles et de me\u0301dias. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/medias.estac.fr\/sites\/estac.fr\/images\/articles\/images-articles-2018-2019\/juin\/img-2806-entrainement-00.JPG\" alt=\"la princesse de cl\u00e8ves rencontre avec le duc de nemours texte\" align=\"right\"> Le dialogue tourne vite en un long monologue du prince, \u00e0 peine interrompu par la rougeur de la princesse, honteuse : elle y trouva un certain rapport avec l\u00e9tat o\u00f9 elle \u00e9tait, qui la surprit, et qui lui donna un trouble dont elle fut longtemps \u00e0 se remettre. Mais elle continue \u00e0 \u00e9couter attentivement les amours de Mme de Tournon, surprise quelle soit capable damour et de tromperie dit-elle, en tirant in petto quelque apprentissage sur elle-m\u00eame. Le retour \u00e0 Paris se fait dans la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 : elle simagine que la douleur davoir perdu sa m\u00e8re et son discours dalerte suffisent \u00e0 effacer son amour. Mais la dauphine lentretient longuement de Nemours et dun amour secret quon lui soup\u00e7onne, pour lequel il refuse la couronne dAngleterre. Nous avons acc\u00e8s au discours int\u00e9rieur de Mme de Cl\u00e8ves qui \u00e9prouve reconnaissance et tendresse ; son visage exprimant les marques de son trouble la trahit. Mais lessentiel est de se taire et le secret reste bien gard\u00e9. Elle ouvre la bouche pour prof\u00e9rer un mensonge douloureux \u00e0 son c\u0153ur, admettant que la dauphine est sans doute la femme aim\u00e9e. Enfin, pour la premi\u00e8re fois, Nemours trouve loccasion dun v\u00e9ritable t\u00eate-\u00e0-t\u00eate avec la princesse, allong\u00e9e sur son lit. Il ne faut pas s\u00e9tonner de ce d\u00e9tail : nous sommes au temps des ruelles o\u00f9 les pr\u00e9cieuses re\u00e7oivent dans leur chambre. Mme de La Fayette projette cet usage dans le pass\u00e9, mais lanachronisme reste mineur. La princesse rougit et se tait comme Nemours. Silence embarrass\u00e9 de la timidit\u00e9 amoureuse. Homme du monde, le duc aborde la mort de Mme de Chartres, sujet que la princesse saisit au vol et dont elle parle assez longtemps pour cacher son trouble sans doute, mais aussi parce que sa douleur est v\u00e9ritable. Conversation de convenance qui la sauve du silence. Elle en profite pour informer Nemours \u00e0 mots couverts : un tel bouleversement ne peut quentra\u00eener un changement dhumeur, en somme la fin de son amour pour lui. Mais Nemours, en proie \u00e0 son id\u00e9e fixe, la ram\u00e8ne au sujet br\u00fblant de sa passion pour elle, dune mani\u00e8re implicite certes mais la princesse entendait ais\u00e9ment la part quelle avait \u00e0 ces paroles. Suivent alors des pens\u00e9es contradictoires parler ou se taire? o\u00f9 elle utilise le verbe devoir quatre fois, sembler deux fois et croire deux fois, le tout en deux phrases ; tout au long du paragraphe, les antith\u00e8ses traduisent son h\u00e9sitation : le discours lui plaisait et loffensait, il est galant et respectueux mais aussi hardi et trop intelligible. Ces r\u00e9flexions antagonistes la m\u00e8nent au silence que Nemours aurait pu interpr\u00e9ter comme un aveu d\u00e9guis\u00e9 mais, heureux ou malheureux hasard, le prince arrive et Nemours sen va. Une fois seule, elle revient sur la conversation, et ne se flatta plus de lesp\u00e9rance de ne le pas aimer ; elle songea seulement \u00e0 ne lui en donner jamais aucune marque. Pour cela, ne plus le voir et endurer la souffrance. La mort de sa m\u00e8re lui donne un pr\u00e9texte pour moins se montrer, pr\u00e9texte aussi \u00e0 sa tristesse. Les mensonges saccumulent autour de la jeune femme, nagu\u00e8re sinc\u00e8re. Mais tel est son devoir sup\u00e9rieur inscrit dans le D\u00e9calogue, du moins le croit-elle. Le destin fatal ram\u00e8ne Nemours chez elle qui profite dune maladie du prince de Cl\u00e8ves. Elle ne peut faire autrement que de le voir et de lentendre et son trouble grandit : ne va-t-il pas \u00e0 la chasse que pour r\u00eaver, sous-entendu delle? Nassiste-t-il pas aux soir\u00e9es que parce qu elle ny est pas? Mais cest toujours en silence quelle interpr\u00e8te ses paroles. Devant ce p\u00e9ril extr\u00eame, elle prend une d\u00e9cision h\u00e9ro\u00efque : sortir quand il arrive, quelle que soit la douleur quelle en \u00e9prouve, ne plus le voir ni lui parler. La trag\u00e9die corn\u00e9lienne sest install\u00e9e d\u00e9finitivement, avec une h\u00e9ro\u00efne qui sacrifie son bonheur \u00e0 son devoir. On peut se demander du reste \u00e0 quel point le devoir nest pas une passion, au m\u00eame titre que lamour. Son \u00e9poux, ignorant du combat int\u00e9rieur et silencieux que livre la princesse, lui reproche son attitude d\u00e9vitement. Elle invente des pr\u00e9textes de vertu et de biens\u00e9ance, gu\u00e8re convaincants ; le prince se refuse \u00e0 tout changement de conduite. Prise au pi\u00e8ge de ses mensonges, honteuse, elle est pr\u00eate de lui dire que le bruit \u00e9tait dans le monde que M. De Nemours \u00e9tait amoureux delle ; mais elle na pas la force de le nommer. Sortir du silence lui est encore impossible. \u00c0 la cour, la vie suit son train. Nemours sabsente et la princesse sinqui\u00e8te en silence de lissue de ses tractations matrimoniales avec la reine \u00c9lisabeth, senqu\u00e9rant seulement de la beaut\u00e9, de lesprit, et de lhumeur de la reine. Devant le portrait de la reine, sa jalousie lemporte et elle m\u00e9sestime assez mesquinement sa beaut\u00e9, \u00e0 tort, d\u00e9clare la dauphine, qui se lance dans le r\u00e9cit de la cour dAngleterre. Mme de Cl\u00e8ves, comme les autres dames, se confond en remerciements, mais ne peut semp\u00eacher de lui faire encore plusieurs questions sur la reine \u00c9lisabeth. Tout conna\u00eetre de la rivale, voil\u00e0 qui est bien humain, mais qui ne ressemble plus gu\u00e8re \u00e0 lancienne discr\u00e9tion de la jeune femme. La reine a son portrait, mais Mme de Cl\u00e8ves \u00e9galement, occasion pour Mme de La Fayette d\u00e9crire une sc\u00e8ne devenue fort c\u00e9l\u00e8bre, commun\u00e9ment nomm\u00e9e, dun romanesque \u00e9chevel\u00e9 quant aux faits mais retranscrite avec la plus grande neutralit\u00e9. Nemours se d\u00e9brouille pour se saisir de la miniature en cachette, geste que surprend la princesse. Ils se regardent, elle la vu, que faire? L\u00e0 encore, elle est prisonni\u00e8re de ses contradictions, entre raison, trahison publique et aveu priv\u00e9. Elle choisit le silence, trop heureuse de lui accorder une faveur quelle lui pouvait faire sans quil s\u00fbt m\u00eame quelle la lui faisait. Mais elle sous-estime lintuition de l\u00eatre aim\u00e9 : M. De Nemours, qui remarquait son embarras, et qui en devinait quasi la cause, sapprocha delle et lui dit tout bas : Si vous avez vu ce que jai os\u00e9 faire, ayez la bont\u00e9, madame, de me laisser croire que vous lignorez, je nose vous en demander davantage ; et il se retira apr\u00e8s ces paroles, et nattendit point sa r\u00e9ponse. De toute mani\u00e8re, quaurait-elle pu ajouter sans se m\u00e9juger ou se trahir? Le prince plaisante sur le vol du portrait, all\u00e9guant un amant cach\u00e9. Le trouble de son \u00e9pouse, aggrav\u00e9 par le repentir, grandit ; elle m\u00e9dite sur la violence de son inclination : elle nest plus la ma\u00eetresse de son discours ni de son visage ; le mariage anglais ne va pas se faire, plus rien ne peut la soustraire \u00e0 ses sentiments, sauf un impossible \u00e9loignement de la cour. Les derniers conseils de sa m\u00e8re, le comportement de Mme de Tournon la poussent \u00e0 tout avouer au prince mais ce serait de la folie. Elle reste enferm\u00e9e dans son silence, totalement impuissante et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e avec une seule certitude, ne pas laisser voir \u00e0 M. De Nemours linclination quelle a pour lui. Le combat est rude et elle le perd : lors dun tournoi, Nemours est bless\u00e9. Le geste suppl\u00e9ant \u00e0 la parole, elle se pr\u00e9cipite vers lui, effray\u00e9e, et il devine sa piti\u00e9, autrement dit son amour. Il nest pas le seul \u00e0 le remarquer : Guise, toujours amoureux delle, le lui reproche. La princesse, indiff\u00e9rente \u00e0 ses sentiments, r\u00e9pond par quelques paroles mal arrang\u00e9es, uniquement soucieuse de cacher mal son inclination pour Nemours. Apr\u00e8s le tournoi, les familiers se retrouvent chez la reine. La princesse reste indiff\u00e9rente aupr\u00e8s de la chemin\u00e9e lorsque Nemours appara\u00eet, plus beau et plus r\u00e9joui que jamais le geste de la princesse ne sugg\u00e8re-t-il pas un certain aveu? Elle est la seule \u00e0 ne pas lui demander de ses nouvelles, ce qui ne g\u00eane en rien la nouvelle assurance du duc qui ose implorer tout bas autre chose que des marques de piti\u00e9. D\u00e9sormais, Nemours sait : quelle douleur, mais aussi quelle douceur dans la d\u00e9faite! Les \u00e9v\u00e9nements se pr\u00e9cipitent et prennent la princesse au pi\u00e8ge dun f\u00e2cheux malentendu : la dauphine lui remet une lettre tomb\u00e9e de la poche de Nemours avec pour mission de la lire, une lettre de cette ma\u00eetresse pour qui il a quitt\u00e9 toutes les autres. L\u00e9criture de Mme de la Fayette se fait alors explicite ; elle nh\u00e9site pas \u00e0 utiliser les termes les plus forts en accord avec les convenances classiques toutefois, pour nous faire part du d\u00e9sespoir de la princesse : Mme de Cl\u00e8ves est \u00e9tonn\u00e9e, et dans un si grand saisissement, quelle fut quelque temps sans pouvoir sortir de sa place. Limpatience et le trouble o\u00f9 elle \u00e9tait ne lui permirent pas de demeurer chez la reine ; elle sen alla chez elle, quoiquil ne f\u00fbt pas lheure o\u00f9 elle avait accoutum\u00e9 de se retirer. Elle tenait cette lettre avec une main tremblante : ses pens\u00e9es \u00e9taient si confuses quelle nen avait aucune distincte ; et elle se trouvait dans une sorte de douleur insupportable, quelle ne connaissait point, et quelle navait jamais sentie. Stup\u00e9faction, incapacit\u00e9 de bouger, fuite \u00e9perdue, modification demploi du temps, tremblements, confusion la plus totale, douleur inconnue. Cette lettre dune soi-disant rivale lui d\u00e9montre, croit-elle, que Nemours aime ailleurs et la trompe. La honte lenvahit, son amour-propre est atteint. Aimer soit, mais aimer quelquun que lon estime et non que lon m\u00e9prise. En cela, elle se rapproche des h\u00e9ro\u00efnes corn\u00e9liennes dont lobjet de la passion est toujours noble, admirable et digne d\u00eatre aim\u00e9, ce qui rend le combat dautant plus douloureux et \u00e9veille lempathie chez le lecteur ou le spectateur. Mme de Cl\u00e8ves croit que sa douleur vient simplement davoir montr\u00e9 ses sentiments au tournoi. Mme de La Fayette, plus subtile et avis\u00e9e, parle \u00e0 sa place et all\u00e8gue une v\u00e9rit\u00e9 moins sublime, la jalousie : elle se trompait elle-m\u00eame. La princesse juge cette inconnue digne d\u00eatre aim\u00e9e, avec de lesprit et du m\u00e9rite du courage, de la force, se d\u00e9pr\u00e9ciant \u00e0 ses propres yeux. La ponctuation se fait expressive : les phrases interrogatives et exclamatives se succ\u00e8dent au long du monologue int\u00e9rieur qui se conclut par une certitude : d\u00e9sormais, la voil\u00e0 enti\u00e8rement gu\u00e9rie de linclination pour Nemours. Croit-elle Elle ne respecte pas en effet les ordres de la dauphine et se couche, lisant et relisant la lettre. Elle ne saura pas le fin mot de lhistoire et, pour elle, le malentendu ne se dissipera pas encore. Mme de La Fayette termine cette deuxi\u00e8me partie en abandonnant la princesse \u00e0 son affliction. Lauteur conjugue 2 motifs romanesques : la sc\u00e8ne de bal et la sc\u00e8ne de rencontre amoureuse. Ainsi, lintrigue de La Princesse de Cl\u00e8ves prend place dans un cadre historique, \u00e0 la cour dHenri II ; lauteure sint\u00e9resse \u00e0 la psychologie des personnages ; et l\u0153uvre se caract\u00e9rise par une forme br\u00e8ve et par un style recherch\u00e9 et soutenu. Dans cet extrait, Mme de Cl\u00e8ves, r\u00e9cemment mari\u00e9e, se rend \u00e0 un bal donn\u00e9 \u00e0 la Cour lors duquel elle fait la connaissance de M. De Nemours. Merci davoir lu cet article Princesse de Cl\u00e8ves aveu \u00e0 son mari. Nh\u00e9site pas \u00e0 poster tes remarques ou tes questions en commentaires. S propos qui am\u00e8ne une clart\u00e9 exemplaire dans la compr\u00e9hension et la structure de l\u0153uvre. Or, \u00e0 quel mouvement litt\u00e9raire appartient le roman de la une condamnation sociale, car en multipliant les p\u00e9rip\u00e9ties, notamment amoureuses, il pla\u00eet avant tout aux femmes : il serait, de ce fait, une lecture frivole, donc un genre inf\u00e9rieur ;  Nevers meurt en effet, et M. De G\u00e8ves revient sur le refus paternel, par passion, quitte \u00e0 braver certains codes ou consid\u00e9rations. Cest un nouveau pas en dehors des cadres sociaux, une nouvelle transgression \u00e0 l\u00e9gard des habitudes de la cour. Il nappartient pas \u00e0 un cadet de renverser les alliances, m\u00eame sil est tr\u00e8s jeune, m\u00eame sil aime. Cependant, G\u00e8ves nest pas Guise. Sil se permet daller contre le syst\u00e8me dalliances familiales, apr\u00e8s la mort de Nevers, cest que les contraintes ne sont pas si fortes. Il y a pour lui un espace que la famille des Guise ne d\u00e9gage pas pour son cadet. Cl\u00e8ves fait bien une faute \u00e0 outrepasser les ordres de Nevers, mais on ne voit \u00e0 aucun moment sa famille appara\u00eetre pour condamner la nouvelle alliance l\u00e0 o\u00f9 lon voit les fr\u00e8res de Guise sinterposer. La faute initiale nest donc pas si grave parce quelle ne remet v\u00e9ritablement en cause ni la maison de Nevers ni la structure politique de la cour ou du royaume. Lalliance ne fait donc pas scandale et le roi laccepte sans difficult\u00e9 contrairement \u00e0 ce quon aurait pu croire. Pris au sein des enjeux de lignage, Cl\u00e8ves est donn\u00e9 comme celui qui sen d\u00e9gage, non par une volont\u00e9 de fer, par rupture, mais parce que la r\u00e9alit\u00e9 ladmet pour lui, le cadet, lhomme d\u00e9j\u00e0 pris dans sa sp\u00e9cificit\u00e9 romanesque individuelle, pour lequel les enjeux familiaux semblent \u00eatre moins graves que pour les autres. Cl\u00e8ves nest plus fils, et devient mari et amant. Que toute \u00e2me ne puisse acqu\u00e9rir un pouvoir absolu sur ses passions ;  champ lexical de ladmiration et du regard : elle cherchait des yeux vit un homme n\u00eatre pas surprise de le voir voir admirer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>la princesse de cl\u00e8ves rencontre avec le duc de nemours texte<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10725"}],"collection":[{"href":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10725"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10725\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10726,"href":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10725\/revisions\/10726"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10725"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10725"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/orgculturebites.com\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10725"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}